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« On pourrait mettre des milliers de noms dans ce mémorial »

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« On pourrait mettre des milliers de noms dans ce mémorial »
Montluc était encore une prison de femmes jusqu'en 2009

A l'occasion de la commémoration du 73e anniversaire de la libération de la prison Montluc de Lyon, qui eut lieu le 24 août 1944, ont été dévoilés, au sein du mémorial, 18 nouveaux parcours de vie de victimes de la barbarie nazie. Explications.

Ce sont 18 nouveaux noms, 18 vies interrompues brutalement ou marquées à jamais par la barbarie nazie. Ces courtes biographies et toutes les photos des disparus ont été ajoutés, dans les mêmes conditions que les précédentes, à l'intérieur des petites cellules de la prison Montluc, devenue mémorial, ouverte au public. La visite est émouvante et la gorge vous serre parfois de lire les récits de ces vies tragiques contrastant avec les sourires des photos de famille.

 En tout, ce sont 80 cellules que le mémorial ouvre au public, dans la prison où a été détenu jusqu'à sa mort en 1991, le chef de la gestapo de Lyon, Klaus Barbie, condamné en 1987. Trois cellules plus loin, on peut voir celle de Jean Moulin, le chef de la Résistance, arrêté à Caluire et torturé jusqu'à en mourir par le même Barbie en 1943.

Dans les cellules, toutes identiques, toutes minuscules, et sur trois niveaux, furent détenues des personnes qui deviendront célèbres, comme Raymond Aubrac, Marcel Dassault, André Frossard…et de parfaits inconnus, comme cette jeune fille de 17 ans, Anne Passerat de La Chapelle, accusée à tort d'avoir voulu insulter l'armée allemande, arrêtée le 6 juin 1944, et retrouvée tuée par balle à Caluire.   

Jean-Olivier Viout, avant de devenir procureur général, fut, il y a 30 ans, le substitut général auprès du procureur Pierre Truche lors du procès Barbie. Il veille aujourd'hui aux destinées du Mémorial national aux côtés des associations de victimes et de déportés. Une mission délicate : « Il a fallu deux ans de travail avec les associations et les familles, témoigne Jean-Olivier Viout, président du conseil d'orientation de la prison, deux ans de réunions, de recherche du consensus, de recherches historique et familiale… J'ai écrit les textes des parcours de vie que tout le monde devait valider... L'important était  que toutes les catégories soient représentées : des jeunes comme des gens âgés, des juifs, des résistants, des hommes, des femmes etc. Et de plus, des personnes du  Jura, de la Savoie, de la Drôme etc. puisque Barbie et la gestapo officiaient au-delà de Lyon. On emprisonnait à Montluc des gens venus de partout. Il a fallu trouver le juste équilibre…On pourrait mettre des milliers de noms dans cette prison ! ».

 

Le Mémorial national de la prison Montluc est ouvert à la visite, de septembre à juin, du mercredi au samedi de 14 h à 17 h 30 - Visites guidées à 15 h 30. Gratuit. Fermé les jours fériés - www.memorial-montluc.fr




Eric SÉVEYRAT
Journaliste

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