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Adieu Berthe, ou l’enterrement de mémé

le - - Culture et loisirs

Ca ne ressemble à rien de connu dans le cinéma français, ce qui est rafraichissant ! Les frères Podalydes filment, racontent et jouent dans la poésie et la loufoquerie, avec profondeur et légèreté. Pourtant, on pense à quelques autres.



Ca ne ressemble à rien de connu dans le cinéma français, ce qui est rafraichissant ! Les frères Podalydes filment, racontent et jouent dans la poésie et la loufoquerie, avec profondeur et légèreté. Pourtant, on pense à quelques autres. Denis Podalydes évoque une sorte de Woody Allen ou de Nanni Moretti à la française. Le film se regarde comme on écoute une chanson de Trenet , que du plaisir, des sous-entendus, de l’ironie, de la lecture à plusieurs niveaux. Ce monsieur Homais de la pharmacie de Chatou n’a rien du velléitaire petit bourgeois flaubertien, mais tout du français moyen, de l’homme « normal » empêtré entre deux femmes (tiens, tiens !). Dans son cas ce ne sont pas des twitts qui lui pourrissent la vie, ce sont des textos incessants, jour et nuit ! Comme dans les films muets de l’époque burlesque, les textos nous sont restitués à l’écran comme autant de cartons, marquant les tournants de l’intrigue. Les gens normaux ont quelque chose d’exceptionnel, n’en déplaise à Laurence Ferrera-Barbosa (film de 1993), c’est le point de vue des Podalydes,  qui aiment tous leurs personnages, avec tendresse. Pas de cadeaux sur les visages des comédiens (es), chacun apparaît avec sa beauté et les défauts de son âge. Mais tout est sensuel, à commencer par les femmes : Valérie Lemercier, Isabelle Candelier. La nature ensuite : un simple jardin, un banc sur une pelouse, un cours d’eau. La mort d’une mémé oubliée est là aussi pour mieux amuser les spectateurs autour du traitement de la mort, des scènes que n’auraient pas reniées les auteurs de la série culte Six feet under. Mémé, c’est aussi la découverte d’une personne que l’on ne connaissait pas, qui cachait un secret de jeunesse. Comme sa mémé, Armand cache un secret, il a une passion honteuse pour la magie, qui se révèlera un élément clé du film. Avec la mort de mémé, le souvenir revient chez les personnages qui se penchent sur la vie passée d’une ancêtre et y voient leur propre reflet comme dans une pièce d’eau, la conscience d’une vie qui n’a rien d’exceptionnel, mais qui est extraordinaire dans les yeux étonnés d’Armand.

Eric Séveyrat




































MatOz
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