Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations locales et régionales pour le département du Rhônes

Alexandre Ayrault fait chanter l'entreprise

le - - Actualités

Alexandre Ayrault fait chanter l'entreprise
(DR)

Cheveux courts, lunettes sages, sac en bandoulière.

Difficile de deviner, au premier abord, la passion d’Alexandre Ayrault pour la musique. Le punk rock en particulier. A 31 ans, le jeune homme, père de famille depuis peu, ne cède pas aux clichés. Mais son « story-telling » est bel et bien celui d’un musicien. « Je le suis depuis 15 ans », précise-t-il. Un artiste qui, aujourd’hui, investit le monde de l’entreprise autour du « team-building » grâce… au chant.
Avant d’en arriver là, ce parisien d’origine, qui très tôt se prend à écouter les vinyles de ses parents, a franchi bien des étapes. A Montpellier, Alexandre Ayrault suit d’abord des études de communication graphique : « Je me suis éloigné peu à peu de ce monde, mais j’ai des restes qui me permettent de créer ma communication aujourd’hui ».
Sa « réorientation » le rapproche… de la musique. Avant de créer Estime Building, fin 2012, le batteur a multiplié les expériences. Membre d’un groupe de rock pendant plusieurs années, il enchaîne les tournées, jusqu’au Japon et au Canada. 300 concerts au total, qui ne le font pas vivre pour autant. La technique l’intéresse. Il se penche en parallèle sur l’ingénierie du son, de façon autodidacte, en « bidouillant des maquettes ». Puis a l’idée de créer un studio mobile. Il enregistre une vingtaine de disques, dans des décors variés, de la maison de campagne à des sous-sols.
C’est là que Nespresso fait appel à lui, dans le cadre d’un concours de chant interne. Entre Paris et Lyon, Alexandre Ayrault conseille et enregistre 180 salariés par petits groupes, calqués sur ceux déjà formés dans l’entreprise. Une soirée de clôture leur permet d’écouter les chansons et de voter. L’idée pour Nespresso : renforcer l’esprit d’équipe suite au déménagement partiel d’un service. L’écriture de chansons ou la réalisation de clips sont d’autres ateliers possibles.
Celui qui donne par ailleurs des cours de batterie décide de se concentrer sur ce « team building » par le chant. Estime Building est né à Lyon. Une ville qu’il n’imagine plus quitter, après l’avoir découverte en rejoignant sa compagne. Le musicien, déçu par des expériences de salarié, devient véritablement entrepreneur. Après des mois consacrés au démarchage, les portes s’ouvrent via des organismes de formation continue, et les premières missions arrivent actuellement, auprès de la CCI ou encore d’EM Lyon.
Pour favoriser la cohésion des équipes, les employeurs, qui n’hésitent pas à avoir recours à des ateliers de théâtre ou d’arts créatifs, sont-ils prêts à faire chanter leurs effectifs ? Et les effectifs eux-mêmes, sont-ils prêts pour l’exercice ? « Il existe bien sûr une réticence, remarque Alexandre Ayrault. Mais les appréhensions sont vite levées ».
Le chant comme outil de développement personnel : gestion du stress, affirmation de soi, prise de parole en public... Autant d’axes de travail permis par un outil méconnu dans un vrai cadre de formation « intra-entreprise ». « Le chant procure du plaisir, et l’on met tout le monde à égalité. Et ceux qui sont déjà entraînés motivent les autres. Ne serait-ce qu’entendre le retour de sa voix dans le casque est déjà une expérience, continue le musicien-entrepreneur. En général, les gens finissent par être contents de leur prestation. On désacralise le chant ».
« Tout le monde peut chanter », conclut le batteur, dont l’action s’inscrit dans une démarche globale, voulue par l’employeur pour améliorer le bien-être au travail. Pertinent, en particulier dans un contexte où les entreprises ont parfois besoin de changer d’air.

P.-J. N.   




MatOz
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

L'Essor Rhône Journal d'annonces légales et d'informations locales et régionales pour le département du Rhônes

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide