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Aménagement - Saint-Joseph : de la prison à la « vie grande ouverte »

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Aménagement - Saint-Joseph : de la prison à la « vie grande ouverte »
A côté de l'ancienne prison Saint-Paul, désormais au coeur du projet de l'Université catholique, la prison Saint-Joseph, construite en 1831 et désaffectée depuis le 3 mai 2009, va faire l'objet d'une importante réhabilitation dans le cadre d'un projet architectural pour le moins inédit. Au programme : un complexe de logements, commerces, bureaux et espaces verts sous la houlette du groupe Ogic.

Si Saint-Paul était dans l’esprit de l’architecte Louis-Pierre Baltard une prison « expiation », celle de Saint-Joseph se voulait être une prison « rédemption », dont la mission était la reconstruction de l’individu.

Sa réhabilitation devrait permettre aux Lyonnais de redécouvrir un ensemble architectural construit autour d’un dôme, de quatre cours intérieures sous forme de cloîtres.
Après les affres du temps et les souvenirs des prisonniers en souffrance, il convient de rappeler que ce bâtiment néo-classique attachant a été construit en pierres jaunes du Beaujolais et en pierres roses de Saône-et-Loire. Des matériaux qui seront à leur manière le pont entre le passé et l’avenir, dessiné autour d’un petit forum romain central avec un espace public attenant.
Malgré sa réticence, l’Etat a finalement décidé de ne pas détruire ces deux prisons et de lancer un appel à idées. Une première. L’Université catholique et Ogic répondent conjointement et finalement achètent l’ensemble pour 25 M€ (65 % pour Saint-Joseph et 35 % pour Saint-Paul), dans un montage financier aller et retour. Cette entente, dans un esprit de portage à l’endroit de la « Catho », permettra de ne pas séparer ces deux entités, unifiées par de grandes lignes de force.
Une « vie grande ouverte » à présent, dans un lieu chargé d’histoire, symbole de privation de liberté, dont l’essentiel des bâtiments à esprit carcéral demeurera. Tel est le souhait de Jean-Jacques Ory et Frédéric Didier, respectivement architecte et architecte en chef des Monuments Historiques. A équidistance entre Bellecour et la Confluence, le projet, avec son approche patrimoniale, va devenir le « signal » incontournable pour tous ceux qui traverseront les voûtes de Perrache.
Autour de l’ancienne chapelle rénovée, la prison va devenir un ensemble plurifonctionnel avec quatre bâtiments principaux comprenant des logements en accession à la propriété, des logements pour primo-accédants, des logements sociaux, une résidence intergénérationnelle, des bureaux, des commerces, ainsi qu’une brasserie, sans oublier des jardins et espaces verts. Ouvert aux quatre points cardinaux, ce projet et son plan panoptique de structure mêleront le patrimoine ancien au moderne, le tout dans le respect des normes environnementales.
Et les intervenants de conclure : « La générosité de l’espace est un luxe. Il faut être conscient du rôle de mixité sociale et d’ambassadeur de ce projet derrière les voûtes de Perrache ».

M.G.




MatOz
Journaliste

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