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Christophe Fargier : le brasseur de vie

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Christophe Fargier : le brasseur de vie
(© Ninkasi)

« Venez comme vous êtes ».

Si une célèbre enseigne de restauration rapide ne s’était pas déjà appropriée le slogan, Christophe Fargier l’aurait peut-être choisie pour le Ninkasi, qu’il cofonde en 1997. A Gerland, berceau du concept « Bière, burger & musique », les populations se mélangent. Ici, des salariés d’une entreprise voisine, aux costumes impeccables, font honneur à la bière maison après une journée de travail. Là, des étudiants se retrouvent après les cours. Plus loin, une famille déguste des sirops artisanaux.
Ce « brassage » des gens et des genres, peut-être plus encore que celui de la bière, Christophe Fargier en fait une priorité et une fierté. Le patron au regard franc et aux idées claires entretient « une vision humaniste de l’entreprise » : « Il existe beaucoup de métiers au Ninkasi. Nous essayons de casser les cloisons et refusons l’hyperspécialisation ».
Ici, le management se veut « fin » : pas plus de cinq personnes par encadrant. Et la remise en question n’est pas exclue. Christophe Fargier accepte les critiques de l’intérieur, pourvu qu’elles soient « bienveillantes et factuelles ». Cette « qualité de dialogue », associée à des efforts sur la formation et la promotion interne, ne relève pas pour l’entrepreneur d’un idéal social, en contradiction avec les impératifs économiques. « J’appelle cela de la performance durable. C’est profondément réaliste », estime-t-il.
En refusant la course à la rentabilité immédiate, l’homme respecte aussi les valeurs d’origine du projet : « Nous voulions un projet authentique, qui ait du sens et défende la diversité ». De retour d’un voyage aux Etats-Unis, où il apprend tout sur les micro-brasseries, en même temps que l’ami qui l’accompagne apprend la boulangerie - « le pain solide et le pain liquide » - ce jeune diplômé au profil commercial révèle tout de suite ce qu’il pense être sa nature profonde : celle d’entrepreneur.
Avec ses compères, il ouvre le Ninkasi Gerland dans un large bâti, agrandi depuis. Un pari un peu fou, qui aurait pu tourner court sans l’élan insufflé par la Coupe du monde de football 1998. Christophe Fargier, aidé par ses parents - et conscient de ce « privilège » -, aurait sérieusement entamé le patrimoine familial en cas de raté. Réservé, pas vraiment du genre à se mettre en avant, le quadra se souvient des sueurs froides des débuts. Même un peu après, la création coûteuse de la salle de concert, baptisée le Kao, aurait pu tout mettre par terre. Aujourd’hui, Christophe Fargier, avec 170 salariés et plusieurs établissements, sait sa responsabilité : « Je ne me vois plus prendre de décisions trop enthousiastes », explique-t-il.
Les projets ambitieux ne manquent pas pour autant. Après le déménagement de la brasserie de Gerland pour Tarare - un investissement lourd -, le Ninkasi originel doit connaître un renouveau et offrir par exemple, en parallèle à la musique « live », une place à la vidéo. Le très posé Christophe Fargier se dit en colère sur le sujet : on lui refuse pour l’instant le permis de construire. Déterminé, l’homme affirme ressentir la solitude de l’entrepreneur face aux atermoiements administratifs.
Un peu cloisonné à Lyon, des rêves d’étranger viennent à lui. Il se voit bien exporter le concept pour la première fois, en Pologne, dans « une logique d’association ». Il y a aussi la création d’une distillerie, à Tarare encore. Le Ninkasi, indépendant, est prêt à accueillir en 2013 un investisseur externe dans le capital pour pouvoir remplir, dans près d’une dizaine d’année, sa première bouteille de whisky. Commercial doué à la sensibilité artistique certaine, Christophe Fargier, pas mégalo, évoque ses besoins simples dans la vie. La famille en tête. Piètre joueur de piano dans sa jeunesse - son professeur l’a découragé de continuer, malgré une application sans limite - le dirigeant est devenu un chef d’orchestre respecté dans son entreprise.

Pierre -Jean Nicot

Lieu :


Le plateau ardéchois, d’où vient mon grand-père.

Date :

1997, le démarrage du Ninkasi. Les larmes du speech avant l’ouverture.

Personnalité :

Henri Savall, professeur de sciences de gestion et président-fondateur de l’Institut de socio-économie des entreprises et des organisations. Il me nourrit beaucoup dans la manière de voir le fonctionnement de l’entreprise.

Ambition :

Rester en cohérence avec mes valeurs. J’aimerais me dire dans 25 ans « On a maintenu le cap ».

Citation :

« Il n’y a de richesses que d’hommes », Jean Bodin.


Lire aussi : Ninkasi Saint-Etienne : "Je reviendrai" (10 novembre 2011)




MatOz
Journaliste

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