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Cinéma - Range ta chambre !

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Cinéma - Range ta chambre !
Les bêtes du Sud sauvage, de Benh Zeitlin avec Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Levy Easterly...

On pense à Duras, qui craignait déjà la montée des eaux dans son roman Barrage contre le Pacifique.

Dans Les bêtes du Sud sauvage, sur fond de tempête et d’hydrologie envahissante, de dérèglement climatique, de fuite en avant du monde, quelques irréductibles habitants du bayou louisiannais s’accrochent à leur terre, ou plutôt à leur boue ! Les cyclones succèdent aux tempêtes et aux pluies diluviennes. La fin du monde sera-t-elle un déluge (Les Américains se souviennent de Katrina à la Nouvelle Orléans en 2005 et Sandy en novembre dernier !) ? Mais le propos de Benh Zeitlin ne s’arrête pas là, ce qui fait de son film un sacré beau film ! Un papa vit avec sa petite fille de 7 ou 8 ans (incroyable Quvenzhané Wallis !) dans des bungalows pourris, au milieu d’un fatras impossible et des animaux de la ferme. On a envie de dire à la gamine : « Range ta chambre ! », même si c’est la fin du monde (tout irait mieux si l’humain  avait respecté l’ordre de l’univers ?) ! Avec « Les bêtes », on pense aussi à l’ambiance de La Route, où un papa déambule avec son fiston dans un monde dévasté (Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee 2009). On peut se laisser décontenancer par le mélange des genres : du fantastique (avec la survenue des aurochs du fond des âges ante glaciaires) ; du mélodrame familial (le papa malade mais héroïque, la maman absente, morte ou disparue ?) ; du prophétique (les eaux montent inexorablement pendant que les Américains font leurs courses dans les supermarchés !) ; du drame social (On est à la marge de la société au sens propre, sur le littoral, et au sens sociologique avec les pauvres gens, les noirs, les petits pêcheurs et paysans : ceux qui trinquent en premier, exactement comme à la Nouvelle-Orléans en 2009). Mais tout ce mélange de cinémas est un régal chez Zeitlin, alors que le même cocktail est indigeste chez Terrence Malick (Tree of life ! Décidément c’est une tendance du film « global » dans le jeune cinéma américain !). Allez comprendre !

Eric Séveyrat



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