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« Crazy, stupid, love. », de John Requa et Glenn Ficarra, avec Steve Carell, Ryan Gosling, Julianne Moore, Kevin Bacon

le - - Culture et loisirs

« Crazy, stupid, love. », de John Requa et Glenn Ficarra, avec Steve Carell, Ryan Gosling, Julianne Moore, Kevin Bacon
« On va pas en faire une thèse ! » Assez remarqués à Cannes en 2009 avec l'incroyable histoire vraie de « I love you Philipp Morris ! » (Jim Carrey, Ewan Mc Gregor), le duo de réalisateurs John Requa et Glenn Ficarra revient avec ce rigolo « Crazy, stupid, love. »(bien respecter la ponctuation !). « On va pas en faire une thèse ! » comme disait Depardieu dans les Valseuses, mais ça se laisse voir.

Comédie vaudevillesque (Ciel mon mari ! Ciel sa maîtresse !) « Crazy… »  n’a rien de honteux, même si comme à l’habitude, les fins chorales des « happy ending american comedies » donnent envie de ficher des claques aux scénaristes, mais après tout c’est la loi du genre depuis  90 ans à Hollywood.

Que ceux qui n’aiment pas ça n’en dégoutent pas les autres : dans « Crazy… », on est plus près de « Desesperate husband » que de Melancholia de Lars von Trier, mais les deux DVD pourront figurer sur la même étagère, même si l’un y restera plus longtemps que l’autre (cherchez l’erreur). Steve Carell, Ryan Gosling, et Julianne Moore sont impeccables. Le premier a des faux airs de Jim Carrey sans les torsions de faciès et même quelques mimiques de Peter Sellars. Julianne Moore rappellera Diane Keaton aux cinglés de Woody Allen avec des répliques sympas : « J’ai vu Twilight 3 toute seule, quel navet ! » ;  Ryan Gosling en Brad Pitt des centres commerciaux, pauvre jeune homme riche, campe l’archétype du blond de service avec tablettes de chocolat en guise d’abdos (avec une sortie culte de sa petite amie : « Waouh, on dirait du photoshop ! »). Amants et maîtresses derrière les portes, quiproquos en cascades, problème de la quarantaine chez la femme américaine, de l’usure du couple dans la petite bourgeoisie, de l’amour chez les ados ... On ne va pas bouder son plaisir, comme celui de s’envoyer de temps en temps un cornet de pop-corn. Comme chez Feydeau, la mécanique de la comédie de boulevard tient debout quand elle est poussée dans les tours comme un moteur de formule 1, et surprend le spectateur au moins deux ou trois fois, alors c’est gagné ! Sans cela on sombre dans la guimauve et le ridicule. « Crazy… » évite ces chausse-trappes avec humour. On peut  y aller !

Eric Séveyrat

On peut y aller !





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