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Critique ciné :Pina, de Wim Wenders- Danser sans elle

le - - Culture et loisirs

La danse filmée a eu trop souvent le même défaut que le théâtre filmé, de produire du « captage » soporifique et contre-productif pour les œuvres elles-mêmes.

Wim Wenders, qui n’est pas le dernier des cinéastes a tout compris, il recrée la danse pour sa caméra, et rend un hommage sublime à la papesse allemande de la danse contemporaine, la plus grande créatrice de la fin du XX e siècle, en tout cas celle qui a été le plus loin dans l’expression, avec le Wuppertal Dance theater : « Quand il n’y a plus de mots, et qu’il faut faire deviner quelque chose alors la danse arrive… » disait Pina Bausch. Le spectateur entre dans la danse, celle qui interroge le désir, et ici se fait le croisement avec le cinéma et précisément les Ailes du désir wendersiennes. Tout est là : la 3 D n’y est pour rien et l’on ne voit pas bien ce qu’elle apporte à l’essentiel : danser les rêves, danser l’inconscient, la face cachée de nous-mêmes avec son tragique, sa dérision, son humour. Wenders filme les danseurs de Pina dans un Wuppertal redécouvert, avec son métro monorail aérien, lui aussi comme un danseur en suspension. Plus de trente ans de travail de Pina et de ses danseurs, qui, pour certains d’entre eux, la suivent depuis le début. Il y a même la fille d’un couple de danseurs chez Pina : « La vie sans Pina ? Je ne connais pas ! » lance-t-elle. Wim et Pina avait un projet de film mais, après le décès de la chorégraphe en 2009 tout s’était arrêté. Ce sont les danseurs eux-mêmes qui sont revenus voir Wenders pour relancer le projet. Ce fut pour eux un travail de deuil : « Nous faisions partie de Pina, ou elle faisait partie de nous… » des danseurs inconsolables, comme des insectes ayant perdu leur source de lumière. Avec des extraits de ses célèbres spectacles Café Müller,  Kontakthof ou encore Le Sacre du Printemps , quelques mots, quelques images d’archives qui émaillent une vraie mise en scène fictionnelle de danse, Wenders nous fait aimer la danse, nous montre le travail par petites touches. Il ne cherche pas à décortiquer le langage mais en donne sa vision, et fait ce cadeau aux danseurs, qui eux, espèrent être vus de Pina.

A ne pas louper !

Eric Séveyrat

NB : Un autre film très intéressant, Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch, documentaire celui-ci, de Ann Linsel et Rainer Hoffman, sur le travail de Pina Bausch ressort simultanément à Pina, sur les écrans et en DVD.





MatOz
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