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De vie à trépas

le - - Culture et loisirs

De vie à trépas
Une nouvelle édition du dictionnaire historique, La mort des grands hommes, vient de paraître. Isabelle Bricard retrace les derniers instants de plus de 1 200 hommes et femmes de l'Antiquité à nos jours.

Absalon, fils du roi David, ouvre la marche funèbre qui est close quelque 560 pages plus loin par le romancier Stefan Zweig.

Tous sont réunis par la mort. De la plus violente à la plus douce, de la plus redoutée à celle qui est attendue, désirée et parfois provoquée par l’intéressé. La mort des grands hommes intrigue : se sont-ils montrés à la hauteur de leur réputation ? Se sont-ils distingués du commun des mortels jusqu’au moment de rendre leur dernier souffle ? Les réponses sont des plus diverses.

Dans une première version officielle, il fut ainsi rapporté que le général de Gaulle était mort en travaillant à la rédaction de ses Mémoires. On sait depuis qu’il était en train de débuter une réussite aux cartes quand la mort le trouva. Une distraction qui ne pouvait pas seoir au libérateur de la France occupée. Face à la mort, les réactions sont les plus diverses. Il arrive que la peur panique saisisse celui ou celle qui s’apprête à quitter la vie. Condamnée à être guillotinée par les révolutionnaires, la comtesse du Barry espéra obtenir un sursis en dénonçant de nombreuses personnes « suspectes », confessa où elle avait caché ses richesses. Conduite au pied de la guillotine par les aide-bourreaux elle implora sa grâce en vain. « Ce hurlement bouleversa la foule, écrit Isabelle Bricard. Nul ne soufflait mot et beaucoup se sauvaient de tous côtés comme en déroute. »

Le compositeur Bella Bartok, lui, accéléra son travail pour achever son Concerto pour piano n°3. « La seule chose qui m’ennuie, c’est d’avoir à partir mes malles pleines », dit-il à son médecin avant de mourir, rapporte l’auteur. Beethoven sembla retrouver l’ouïe quand il s’écria parmi ses dernières paroles confuses « Entendez-vous la cloche ? » Jean-Sébastien Bach murmura « Je vais entendre enfin la vraie musique ». Quant à Haydn, la nouvelle de son décès provoqua la consternation. Plusieurs compositeurs écrivirent des œuvres pour lui rendre hommage. Mais il ne mourut en réalité que 4 ans plus tard. « Ah les braves gens ! Combien je leur sais gré de cet honneur insolite. Si seulement j’avais eu connaissance de la cérémonie à temps, j’aurais fait le voyage pour diriger la messe en personne ! »

Mathieu Ozanam

Dictionnaire historique, La mort des grands hommes, Isabelle Bricard, Cherche Midi, 22 €.




MatOz
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