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Entretien - Me William Feugère : « L’excellence nécessite la spécialisation »

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Entretien - Me William Feugère : « L’excellence nécessite la spécialisation »
Me William Feugère

Vous avez fait le pari de l’ambition et de l’excellence.

Quels sont vos atouts en cette période difficile ?

Nous sommes ambitieux autant pour nous-mêmes que pour nos clients, et nous mettons notre excellence à leur service. Les avocats ont atteint un niveau de compétence sans précédent : la formation initiale s’est plus que jamais diversifiée, étoffée, les jeunes avocats n’ont plus seulement une maîtrise en droit, mais souvent un troisième cycle, voire plusieurs, quand ils n’y ajoutent pas des diplômes complémentaires (écoles de commerce, Sciences Po…). L’ACE a obtenu l’obligation de formation continue, qui garantit aux clients que l’avocat demeure compétent au long de sa carrière. Et nous sommes depuis toujours d’ardents militants de la spécialisation, car le droit se complexifie et les clients ont besoin de pouvoir se fier à de vrais spécialistes, qui se consacrent à leur matière. C’est tout cela qui crée l’excellence et ce sont les atouts que nous pouvons offrir à nos clients, particulièrement en période de crise. Le chef d’entreprise est un capitaine à la barre d’un navire, l’avocat ne décide pas à sa place, mais il l’accompagne et lui évite d’inutiles tempêtes. Le droit peut être un frein à celui qui ne le maîtrise pas, notre rôle est de permettre au chef d’entreprise de se consacrer à son activité. Toute décision est source de risques, notre rôle est de les diminuer. Ce faisant, nous avons une utilité essentielle dans la stratégie de l’entreprise, sans nous substituer au dirigeant. Une période de crise a un effet d’accentuation et d’accélération : plus de risques, plus de difficultés, et un besoin accru de réactivité.

Comment se réalise la mise en place de l’acte d’avocat dans les cabinets ?

La mise en place est aussi rapide que son institution a été longue. L’ACE a été à la source même de l’acte d’avocat, ce concept a été imaginé par nos adhérents et s’est trouvé dans nos programmes électoraux depuis 2000. Il aura fallu 11 ans pour convaincre que cet acte d’avocat était une avancée pour toute la profession et une garantie supplé¬mentaire pour les clients. Les avocats vont rapidement s’emparer de ce nouvel outil qui peut servir dans pratiquement toutes les matières : en droit des sociétés, en droit social, et même en droit de la famille. Nous parcourons la France pour former les avocats, leur expliquer la réforme, et à chaque fois, nous avons une audience impressionnante et diverse. Les avocats sont très intéressés, et c’est normal.

Quelle est votre position sur le sujet de l’interprofessionnalité ?

L’interprofessionnalité est, là en¬core, une idée née à l’ACE. Nous avions, voici plus de dix ans, fait une plate-forme avec les syndicats d’experts-comptables pour établir des lettres de mission communes. Nous avons par ailleurs obtenu la création de holdings d’avocats. L’interprofessionnalité, c’est un peu l’union des deux : des holdings interprofessionnelles, pour être capables de présenter une offre commune aux clients. Cette réforme, comme l’acte d’avocat, est un service aux clients en même temps qu’une avancée pour la profession. Nous avons le souhait que cesse la concurrence stérile entre professionnels du chiffre et du droit. L’excellence, que nous évoquions, nécessite la spécialisation, c’est-à-dire de se consacrer à ce que l’on sait faire. On ne peut pas être spécialiste du droit quand on n’exerce le droit qu’à titre accessoire. Et inversement, les avocats, s’ils doivent savoir lire un bilan, n’ont pas vocation à l’établir. L’interprofessionnalité capitalistique résout la question : chacun se consacre à sa matière, et bénéficie du développement de l’autre. Et quel service formidable offert aux clients ! Cela bénéficiera notam¬ment aux jeunes avocats et experts-comptables qui pourront développer ensemble leurs cabinets.

Quid de l’évolution de la technologie quant à la demande de droit ?

Les nouvelles technologies, c’est une avancée considérable. Reprenons l’exemple de l’acte d’avocat : demain, les actes seront tous électroniques, signés numériquement. Plus besoin de signer quinze exemplaires papier, au cours de séances fastidieuses. Pas besoin non plus de réunir physiquement les signataires, leur faisant perdre un temps précieux. La signature électronique garantira l’identité des personnes et la date de signature, s’y ajoutant la certification du contreseing de l’avocat sur l’acte d’avocat. On se demande d’ailleurs à quoi servent vraiment désormais les actes dits « authentiques », sachant que leur force exécutoire est illusoire, puisque la moindre contestation y met fin. Les nouvelles technologies investissent également le contentieux : transmission des pièces et conclusions, mise en état par internet. Là encore, nous gagnons en temps et en efficacité. Au regard de tout cela, les avocats doivent veiller d’une part à ce que chacun puisse accéder à cette technologie – il ne doit pas y avoir de fracture numérique, et d’autre part, à ce que notre déontologie soit garantie, notamment notre secret professionnel. Les échanges par mail doivent être hautement sécurisés, dans l’intérêt du client. Un autre aspect de la technologie sur la demande de droit est quant à lui plus inquiétant : l’accès facilité à l’information sur internet, d’ailleurs parfois erronée, donne l’impression à chacun qu’il maîtrise le droit. Un article de loi, un arrêt de jurisprudence, un commentaire… trouvés sur le net font croire au néophyte qu’il a rang d’expert. Mais le conseil ne se résume pas à l’information : il nécessite une adaptation au cas d’espèce, une sélection, une expérience. Là est le vrai danger : croire qu’on peut se conseiller soi-même.

Propos recueillis par Marc Chanoz




MatOz
Journaliste

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