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Environnement - Frapna : 40 ans de mobilisation verte

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Environnement - Frapna : 40 ans de mobilisation verte
Eric Féraille

Au départ vous étiez une association de protection de l’environnement mais très vite votre champ d’action s’est élargi à des domaines plus larges. C’est exact, la Frapna a été créée au début des années 70 par Philippe Lebreton et une poignée d’écologistes suite à l’action, quelques années plutôt, qui avait fait échouer le projet de création d’une station de ski dans le parc de Vanoise.

Au départ vous étiez une association de protection de l’environnement mais très vite votre champ d’action s’est élargi à des domaines plus larges.

C’est exact, la Frapna a été créée au début des années 70 par Philippe Lebreton et une poignée d’écologistes suite à l’action, quelques années plutôt, qui avait fait échouer le projet de création d’une station de ski dans le parc de Vanoise. Protéger la nature des promoteurs, c’était le but de la mobilisation. Au départ l’association avait la volonté de sensibiliser le public à la protection du patrimoine naturel. Et il y avait des besoins. On faisait n’importe quoi. Eux se sont dits qu’ils ne pouvaient pas rester sans rien faire. Puis au fil des années, la Frapna a évolué au gré de nouveaux enjeux environnementaux, et se mobilise aussi contre le nucléaire, l’eau, l’énergie, l’industrie…

Comment la contestation se traduisait-elle ?

A ces débuts, la Frapna était un mouvement contestataire amené à entreprendre des actions violentes de contestations qui se terminaient parfois en affrontements. Il n’y avait pas ou peu de discussions. D’ailleurs, c’est pourquoi nous avons comme logo celui d’un hérisson, car un hérisson ça pique comme nous. Mais en évoluant, l’association s’est peu à peu tournée vers la sensibilisation et l’éducation à l’environnement afin de faire progresser les idées. La violence de la contestation est devenue une violence pacifique.

Arrive-t-on à se faire entendre lorsque l’on se confronte aux grands décideurs ?

C’est difficile surtout qu’il y a bien souvent des enjeux économiques importants. Le Grenelle de l’environnement a permis de mieux nous faire connaitre, nous, mais aussi toutes les associations de protections de la nature, d’avoir une certaine reconnaissance, c’est indéniable. Aujourd’hui, on propose des idées mais pour que celles-ci soient appliquées rien n’est moins sûr. Ce n’est pas nous qui avons le dernier mot mais l’Etat et le patronat.

Quelles évolutions constatez-vous en 40 ans de mobilisation ?

Il y a 40 ans, on se préoccupait beaucoup des destructions des milieux naturelles pour construire des stations de ski, des autoroutes. On se moquait de la nature. La pollution était outrancière, c’était la Chine d’aujourd’hui. Depuis la société a changé,
nous ne sommes plus dans cette logique. Actuellement, on est en situation de crise sur l’eau et l’agriculture notamment.

C’est-à-dire ?

Avec l’agriculture on est au bout du système. La région n’est plus autosuffisante. Aujourd’hui on cultive des espèces comme le maïs, gros consommateur d’eau et de pesticides alors que des plantes comme le tournesol résistent à la sécheresse et a besoin de peu d’eau. On le sait mais on ne les produit pas. Ce qui a une incidence aussi sur l’environnement. Par exemple, vous voyez encore des marguerite vous, dans les champs ?.

A qui la faute alors ?

Aux agriculteurs, premiers destructeurs de la nature avec leur champ de maïs mais aussi au secteur du BTP. En Rhône-Alpes par exemple, la consommation d’espace soustrait à l’agriculture est de 3 400 ha par an et ce, pour du bétonné.

Quelles sont les grandes victoires de la Frapna ?

Il y en a beaucoup sur la préservation des territoires naturels bien sûr mais la plus grande victoire à laquelle participa la Frapna reste la lutte contre le surrégénérateur Superphénix dans l’Isère en 1976. Plus récemment contre les gaz schistes où l’on a réussi à faire stopper la machine.

Quels moyens disposez-vous pour vous mobiliser ?

Ils sont faibles surtout lorsque l’on change d’échelle et que l’on est confronté aux grands groupes. On a un manque de communication qui est évident comparé aux ONG comme WWF ou Greenpeace. Il nous faut des bénévoles formés car on ne peut plus faire sans aujourd’hui. Et pour cela il faut de l’argent et se faire entendre. On compte donc sur le mécénat qu’on va mettre en place, les dons mais aussi sur la poursuite de nos engagements dans notre travail d’expert et nos actions pédagogiques.

Comptez-vous sur la présidentielle de 2012 pour vous faire entendre ?

Oui ! Lors du congrès de France nature environnement, fédération dans lequel nous sommes présents, qui aura lieu le 18 janvier prochain, on veut que les partis politiques viennent et discutent autour de la table sur les enjeux environnementaux. On veut se faire entendre. Il faut savoir que l’on est indépendant de tous partis politiques, on n’en est ni le bras armé. Que l’on soit de gauche ou de droite, on s’en fout, tant que l’on parle d’environnement c’est ce qui nous importe.

Romain Charbonnier


La Frapna en chiffres

8 fédérations départementales
47 000 adhérents
100 salariés et de nombreux bénévoles
Elle siège dans plus de 1 500 instances de concertation et de décision départementales, régionales et
nationales
150 000 enfants sensibilisés par an par la Frapna




MatOz
Journaliste

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