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Exposition : Charles Matton, d'ombre et de lumière

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Exposition : Charles Matton, d'ombre et de lumière
Archives Charles MATTON

L'exposition « Espaces intérieurs », présentée au Musée de la miniature et du cinéma de Lyon (5e arrondissement), exhibe 17 des 84 boîtes miniatures imaginées et réalisées par Charles Matton (1931-2008). Autant de « maisons de poupées » confondantes de réalisme, dans lesquelles débordent tous les codes artistiques de ce génial touche-à-tout. Fascinant.

Au sein du Cabinet de Sigmund Freud, piles de papier et sculptures égyptiennes se livrent bataille sur un beau bureau de bois massif. Ailleurs, dans un joyeux méli-mélo de pots de peinture et pinceaux enchevêtrés, L'Atelier de Francis Bacon nous plonge dans le quotidien de l'artiste. Quant au Loft du photographe, à l'épure industrielle caractéristique, il respire cette solitude et cet abandon si propices à la concentration. On s'y croirait… et pourtant : ces inté­rieurs ultraréalistes ne sont que modèles réduits issus de l'imagination de Charles Matton !

Dix-sept d'entre eux sont actuellement présentés au Musée de la miniature et du cinéma de Lyon. Inventaires fantaisistes ou représentations du réel, chacune de ces « boîtes » réalisées à l'échelle 1/7e possède un univers bien à elle. Aussi, quand il s'agit d'expliquer l'œuvre de l'ar­tiste, c'est encore Sylvie Matton qui en parle le mieux : « L'inspiration de Charles s'est toujours nourrie de sa vie personnelle. Il aimait à encercler ses sujets, jeter sur eux un constat froid pour retrouver la réalité derrière les apparences », raconte celle qui fût sa muse pendant plus de trente ans.

Un simple outil de travail

Jouant tant du crayon que de la pellicule, du pinceau que du burin, Charles Matton est un artiste aux multiples facettes. C'est dans les années 1980 qu'il exprime son envie de peindre des intérieurs réalistes. Il s'emploie alors à aménager des pièces de manière à ce que l'éclairage, la disposition des meubles soient satisfaisants. Non content du résultat, Charles a alors l'idée de fabriquer ses propres décors : des versions miniatures, dont les moindres détails seraient passés à la loupe. Tapisseries, meubles, tables, commodes, livres, miroirs prennent vie sous les doigts de l'artiste, qui s'amuse à modeler le réel et lui donner substance. Ce « fabricant d'images » (comme il aimait à se définir) ne s'arrête pas là, allant jusqu'à photographier ses reconstitutions, puis repeindre les tirages. « Les boîtes miniatures, c'était un medium dans lequel il pouvait exposer d'autres mediums », résume Sylvie Matton. Autrement dit : un simple outil de travail.

Fort heureusement pour les amateurs, le « brouillon » s'est transformé en un art à part entière lorsque, en 1987, ses œuvres sont exposées pour la première fois au palais de Tokyo. Suivront des expositions à répétition, tant en France qu'à l'étranger, dont le succès ne s'est jamais démenti.

Musée de la Miniature et du Cinéma, Lyon 5e, jusqu'au 4 mars




Fabien RIVIER
Journaliste

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