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Fondation du patrimoine - Chapelle de l’Hôtel-Dieu de Lyon : un joyau méconnu

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Fondation du patrimoine - Chapelle de l’Hôtel-Dieu de Lyon : un joyau méconnu
Les essais de restauration sont saisissants. Sous la poussière, sous la grisaille du temps, on redécouvre les couleurs des décors finement peints.

Jusqu’à la fin de l’année 2010, les fidèles des offices du dimanche matin pouvaient encore admirer le caractère unique de la chapelle de l’Hôtel-Dieu de Lyon.

« Un joyau baroque », comme la décrit Suzanne Marchand, directrice chargée du projet de restauration, et qui n’a pas vraiment d’équivalent sur la région. Avec sa nef unique (type église jésuite) et un décor baroque complet, elle a, selon Didier Repellin, architecte en chef des monuments historiques, « beaucoup plus d’âmes que les autres ». Et ces autres ne sont que deux : la chapelle du collège de la Trinité (lycée Ampère), restaurée ; et la chapelle des Chartreux, en partie restaurée. La chapelle de l’Hôtel-Dieu (classée Monument Historique) quant à elle, préoccupe les HCL (propriétaires) depuis quelques années. Ils réfléchissent depuis 2007 avec la Drac sur la manière de la restaurer. De quelle manière et avec quel argent ? L’argent sera nécessairement de l’argent privé. La construction initiale avait d’ailleurs été faite grâce à des dons. La chapelle a été édifiée entre 1639 et 1655 à l’emplacement de l’hôpital médiéval, celui-là même où exerçait Rabelais. Un hôpital qui était devenu trop petit et qui fut reconstruit à côté.

L’intérieur n’avait jamais été retouché

Le premier don (des maîtres drapiers) permit de construire le chœur. Puis de grandes familles lyonnaises sont intervenues pour la construction des chapelles latérales. La façade baroque a été réalisée en dernier. Les travaux ont mis du temps car le premier architecte est décédé pendant la construction. Puis les ouvriers ont été décimés par la peste. A cette époque, l’intérieur de l’église est recouvert d’un badigeon beige, très claire. Vient la Révolution. La chapelle est vidée (à l’exception des ferronneries) et sert de poudrerie. Les symboles de Dieu et la royauté sont cachés ou détruits. A partir de 1802, on consacre à nouveau la chapelle. On ré-ornemente le chœur. Les tableaux font leur apparition. On réinstalle la Vierge. C’est la seule pièce d’origine avec un tableau de Thomas Blanchet. Et on insère une chaire du XVIIIè siècle. A partir de 1850, une 2e phase de restauration et de ré-ornementation débute. C’est là que toute la chapelle est peinte de grands décors par Alexandre Denuelle. Dans les chapelles latérales, on installe des sculptures de Fabish (qui a déjà réalisé la Vierge de Fourvière et celle du Louvre) et de Dufraine. En 1852, prend place le grand orgue suivi du grand reliquaire (651 reliques). Depuis, quelques travaux ont été réalisés sur la toiture. Mais l’intérieur n’a pas été retouché. Et tout a noirci. Pollution mais surtout chauffage au charbon ont fait leur œuvre.

6,13 M€ de travaux

Heureusement, sous cette noire poussière, les décors sont là. Il faut cependant des artisans de haut vol pour assurer une vraie restauration avec des cotons tiges, de petits tampons, quelques produits chimiques de base et des pommades ! La compétence nécessaire et la surface à traiter engendre un coût astronomique : 3, 5 M€ pour les seuls décors muraux. Les premiers essais sont stupéfiants. Sous la noirceur, on découvre un vert d’eau identique à celui du fonds de la chapelle Sixtine. La réfection sera difficile car les décorateurs successifs ont créé des ombres, des trompe l’œil, des peintures feintes (feignant un matériau comme le marbre rouge par exemple). En fait, des pans entiers de décoration sont devenus invisibles. Si la réfection arrive à terme, la chapelle deviendra très claire grâce à la luminosité retrouvée des vitraux et des murs. On pourra alors admirer la finesse des peintures alliée à la force des décors en pierre dorées.
Les premiers travaux seront lancés cette année (les vitraux). La suite dépendra des dons. La Fondation du Patrimoine vient de donner 27 000 €. Elle a lancé une souscription pour laquelle une importante communication sera faite en septembre. Au regard du montant des travaux (6,13 M€), les dons des particuliers ne suffiront pas. Suzanne Marchand espère l’arrivée de grands mécènes, comme la Fondation du Crédit Agricole qui a donné 362 000 € !
La réouverture de la chapelle dépendra aussi de l’avancement des travaux. Après la première phase, les HCL espèrent pouvoir célébrer la messe de Noël 2011.

Alban Razia


Le point financier de l’opération
L’argent déjà récolté :
362 000 € de la Fondation du Crédit Agricole
75 000 € de la Fondation GDF Suez
27 000 € de dons de la Fondation du Patrimoine
44 000 € déjà recueillis dans le cadre de la souscription
Subvention demandée à l’Etat
Subvention demandée à la ville de Lyon
Budget nécessaire pour la restauration totale : 6, 13 M€ dont 3,5 M€ pour les décors intérieurs.
Le financement est actuellement assuré pour les travaux sur les vitraux, la vierge, quelques chapelles, la chaire et les tableaux.




MatOz
Journaliste

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