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Habemus papam, de Nanni Moretti

le - - Culture et loisirs

Habemus papam, de Nanni Moretti
Le pape qui voulait jouer Tchekov Quelle bonne idée de scénario : un cardinal est élu pape mais refuse la fonction car il ne se sent pas l'homme de la situation. On fait alors venir un psychalanyste renommé au Vatican.

Cela donne quelques situations cocasses et amusantes dont le cinéaste italien n’abuse pas.

Cela dit on l’a connu en meilleure forme. Il aurait pu exploiter davantage la confrontation des discours entre le chrétien et le psy, au lieu de prolonger les séquences de volley-ball entre cardinaux, certes très drôles, mais trop longues. Tout de même, les échanges des deux arbitres de volley, Moretti et un cardinal sur le thème de la foi et de la non foi vaut son pesant d’or. De même la séquence du premier contact du psy et du pape, la séance qui devrait être « intime » se déroule sous les yeux et les oreilles d’une centaine de cardinaux curieux et indiscret. [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Bw9FgT-qr5E[/youtube] La barbe de Nanni Moretti a quelque peu blanchi sous le harnais, mais il est toujours cet acteur vibrionnant et presque burlesque, un mélange savant de Woody Allen et de Roberto Benigni. Moretti n’avait pas tourné depuis Le Caïman en 2006, où il évoquait l’accession au pouvoir de Berlusconi. Il retrouve dans Habemus papam le formidable Jerzy Stuhr, dans le rôle du secrétaire général du Vatican. Ce dernier est au bord de l’apopléxie en permanence, surtout lorsque son pape échappe à sa surveillance pour s’évanouir dans la foule des rues de Rome. Quelques scènes dans le bus ou au café rappelle Les souliers de Saint-Pierre (1968), dans lequel Antony Quinn s’échappait lui aussi en civil pour se mêler à la vie des Romains. Michel Piccolli campe Melville, un homme propulsé dans la fonction de pape à l’air hagard, perdu, presque désespéré que le Ciel lui envoie ce fardeau trop lourd pour lui. Il voulait être acteur, monter sur les planches et jouer Tchekov, dont il connaît des pans entiers par cœur. Du reste  aucun de ces cardinaux ne souhaitent le poste suprême, et prient même pour ne pas être choisis. C’est l’exact contraire d’une élection présidentielle.

Eric Séveyrat

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