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Intouchables d'Eric Toledano et Olivier Nakache

le - - Culture et loisirs

Intouchables d'Eric Toledano et Olivier Nakache
Pas de bras, pas de chocolat ! Intouchables, qui avait tout pour tomber dans la caricature a sauvé la mise, évité les clichés, rentre dans le lard de son sujet, et réconcilie le spectateur avec la comédie française, qui n'est pas brillante, sauf une ou deux exception par an.

Pourquoi Intouchables est-elle une bonne comédie ? Cela pourrait être un cas d’école,  et pourquoi les autres grosses machines où trônent les Dubosc et les Boon ne décollent pas (sauf pour les entrées) ? Tout dépend du sujet certainement, des acteurs évidemment, et de la direction d’acteurs.

La mise en scène, le rythme et les dialogues sont impeccables dans Intouchables. Là où L’Homme de chevet (2009) avec Sophie Marceau et Christophe Lambert sur un sujet similaire, avait complètement foiré son coup, Intouchables vole mille pieds plus haut. L’histoire vécue par un riche aristocrate devenue tétraplégique à la suite d’un accident de parapente, Philippe Pozzio di Borgo et son auxiliaire de vie  Abdel Sellou, a fourni un beau sujet. Si le scénario s’impose avec le désir impérieux de faire le film, cela se verra toujours à l’écran, mieux qu’un banal montage financier avec quelques acteurs « bankables » ? Le loulou de banlieue et le riche aristocrate handicapé se trouvent, le premier redonne le goût de vivre au second et réciproquement. Pas besoin de sortir les violons  et de parler de leçon de vie. Le grand noir pauvre le petit blanc riche se rencontrent parce que : c’est dit dans le film par le frère du riche handicapé qui le met en garde : « Attention, les mecs de banlieue n’ont pas de pitié ! » -« C’est exactement ce qu’il me faut ! » lui rétorque-t-il. C’est comme cela que c’est drôle, et que le film n’épargne rien de la réalité parfois crue du handicapé tétraplégique (« je ne vais pas lui vider le cul ! » lance Driss). La douleur et surtout la souffrance quotidienne est traduite avec justesse par François Cluzet, mais sans lourdeur, de même que la situation familiale et sociale de Driss, chômeur de banlieue venu du Sénégal, englué dans la petite délinquance, ainé d’une nombreuse fratrie, élevée par une mère célibataire. L’humour de l’un comme de l‘autre sauve ce couple merveilleux, et réel auquel on pense pendant le film, et à ce couple d’acteurs défini par Cluzet qui a dit à Omar Sy : « Je joue pour toi et tu joues pour moi ! » ça fonctionne au-delà de ce que l’on pouvait espérer avant d’entrer dans la salle. Et bien sûr l’incontournable blague (elle a été faite par Abdel à Philippe dans la vraie vie) : « Donnez-moi un chocolat ! lance le tétra à son employé qui n’a que la tête qui fonctionne : « Pas de bras, pas de chocolat », lui répond-il !

Eric Séveyrat




MatOz
Journaliste

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