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L'art du XXe siècle, entre Mexique et France

le - - Culture et loisirs

L'art du XXe siècle, entre Mexique et France
Graciela ITURBIDE

Après que les collections du Musée des Beaux-Arts ont été montrées au Musée national de l'art (MUNAL) de Mexico et au musée des arts de Guadalajara, voici que les collections des deux musées mexicains viennent se découvrir au Musée des Beaux arts de Lyon.

Au fil d'une exposition réellement touffue, les visiteurs peuvent découvrir tout un pan de l'art moderne mexicain, carrément méconnu et ainsi d'explorer l'univers d'autres artistes que l'incontournable couple infernal, Frida Kahlo et Diego Rivera, telle Maria Izquierdo qu'avait marqué Antonin Artaud lors de son séjour au pays du peyotl ou German Cueto, créateur de masques magnifiques et d'étonnantes toiles cubistes.

Pour simplifier la tâche du public, les œuvres françaises et les œuvres mexicaines ont chacune leur couleur, blanc pour la France et ocre pour le Mexique et l'exposition fonctionne comme un miroir. Miroir du modernisme à la française et à la mexicaine avec un splendide Chemin sous la pluie de Félix Vallotton et un Paysage (Jardin de la Castaneda) de Diego Rivera ou celui du cubisme avec Diego Rivera, encore, qui dialogue avec Albert Gleize. Ainsi les correspondance se tissent, se répondent et s'entrelacent entre artistes et courants.

D'autant que Los modernos « interroge les relations que les artistes présents dans les collections du musée des Beaux-arts de Lyon ont entretenues avec leurs contemporains mexicains. [...] Il s'agit de montrer non seulement les métissages, mais les écarts d'une scène à l'autre : comment les artistes mexicains sont parvenus à se libérer progressivement d'une tradi­tion culturelle empruntée à la France pour poursuivre les buts qui étaient les leurs ? », comme l'écrit Sylvie Ramond dans l'introduction du catalogue.

L'exposition explore également les porosités entre les surréalistes de chaque côté de l'océan et la fascination d'André Breton ou Antonin Artaud pour le Mexique, et permet de voir les étranges peintures de Carlos Merida ou celles non moins bizarres de Alice Rahon. Bref, c'est tout un monde d'artistes qui s'ouvre que le public français connaît peu, et l'occasion de (re)voir les chefs d'œuvre du musée, de l'autoportrait de Leonard Tsuguharu Foujita toujours aussi troublant à la Fillette aux pastèques de Sonia Delaunay, éclatante de couleurs, en passant par la sublime Femme au couteau de Wilfredo Lam ou encore Le fou et les dormeurs de Max Ernst.

Enfin, il faut le souligner parce que c'est la première fois, un volet est consacré à la photographie. Concoctée par James Damez, par ailleurs photographe et co-fondateur de la galerie Le Réverbère (qui expose également des clichés de la « jeune génération »), elle réunit des grands noms de la photo mexicaine, comme Manuel Alvarez Bravo ou Graciela Iturbide ainsi que des images de Paul Strand, Henri Cartier-Bresson, le couple Modotti/Weston qui ont séjourné au Mexique. Images inédites parfois qui frappent l'œil par leur force et leur composition, saisissant l'instant magique où la vie jaillit. Et l'art aussi !

Musée des Beaux-arts, jusqu'au 5 mars, www.mba-lyon.fr




Fabien RIVIER
Journaliste

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