Fermer la publicité

Le paysan, la vache et le violoncelliste

le - - Culture et loisirs

Le paysan, la vache et le violoncelliste
" Vache de Tango "

Il se passe des drôles de choses sur les pelouses des jardins de la ville de Lyon, pendant l'été de Tout l'monde dehors. Il y a des vaches Salers qui paissent paisiblement. Ou plutôt, une, la plantureuse Margot, tout droit descendue de son plateau auvergnat, le temps d'un spectacle dont elle est la « guest-star ». Et dont elle partage l'affiche avec Philippe Ségéric, agriculteur de son état, mais également danseur et comédien à l'occasion, et Marc Lauras, violoncelliste-compositeur et bricoleur.

En fait, le paysan-danseur n'a plus supporté un jour ce qu'il faisait subir à son cheptel ni son quotidien qui allait de mal en pis. Il s'est donc mis en tête de le raconter comme une fable fragile pour le partager au gré des festivals. Depuis 2012, il sillonne les routes de France chaque été avec Vache de Tango, comédie ruminante créée à Aurillac et peaufinée depuis notamment aux ateliers Frappaz de Villeurbanne.

En compagnie de Nicolas Ramond, metteur en scène bien connu sous nos cieux lugduniens pour être le fondateur des Transformateurs et de Fabienne Swiatly, écrivaine et poète, il a tricoté une pérégrination poétique nourrie de fantaisie agricole et philosophique. Sous couvert de légèreté, il questionne notre regard sur le monde animal, l'exploitation que l'homme en fait, et délivre, avec drôlerie et finesse, un message d'alerte contre les dérives de l'agriculture intensive. Après tous les scandales dénoncés par les associations de défense des droits de l'animal, le propos n'en prend que davantage d'acuité.

D'autant que l'agriculteur-saltimbanque, dès qu'il esquisse un tango, galoche contre sabot, bras et cornes enlacés avec sa Margot, délivre un duo fantasque, animal et tendre, tout en douceur. Le public ne peut s'empêcher de réprimer un petit frisson d'angoisse quand la bête secoue la tête pourvue de cornes plutôt imposantes même si la complicité de l'homme et de l'animal se lit aussi bien que dans leurs yeux bordés du même eye-liner que dans les espaces, les frôlements, les interstices...

 

Les 4 (place Croix-Rousse), 5 (place Sathonay) et 6 août (place de Paris), www.tlmd.fr

 



L'Essor

Hebdomadaire d’informations locales et régionales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Abonnement au journal l'Essor› Abonnez-vous ‹

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide