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Périurbanisation : l’inquiétude prend racine

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Périurbanisation : l’inquiétude prend racine
(Crédit F.R.)

« Si on vous demande où sont situés les espaces périurbains en Rhône-Alpes, vous pouvez répondre : de partout, car tous les territoires sont attractifs » : Yann Léger, de la Safer Rhône-Alpes, plante le décor de cette périurbanisation, source d’inquiétudes pour l’équilibre des territoires rhônalpins qui passe bien sûr par le maintien des terres agricoles et des espaces naturels. Il faut savoir que chaque année, 3 500 hectares de terres agricoles sont « consommées » en Rhône-Alpes, soit l’équivalent de 75 exploitations, « mais seulement 0,08 % de la surface rhônalpine » relativise Y.

« Si on vous demande où sont situés les espaces périurbains en Rhône-Alpes, vous pouvez répondre : de partout, car tous les territoires sont attractifs » : Yann Léger, de la Safer Rhône-Alpes, plante le décor de cette périurbanisation, source d’inquiétudes pour l’équilibre des territoires rhônalpins qui passe bien sûr par le maintien des terres agricoles et des espaces naturels.
Il faut savoir que chaque année, 3 500 hectares de terres agricoles sont « consommées » en Rhône-Alpes, soit l’équivalent de 75 exploitations, « mais seulement 0,08 % de la surface rhônalpine » relativise Y. Léger : « A ce rythme, la moitié de la surface agricole disparaîtrait… en 600 ans ».
Ce dernier fait le distinguo entre « consommation subie » et « consommation organisée ». Et de prendre l’évolution de 3 départements sur les dix dernières années. En Haute-Savoie, qui a gagné 95 000 habitants, la surface par habitant n’a que très peu augmentée, passant de 360 m2 à 390 m2. « La consommation foncière est régulée par le prix » explique Yann Léger. Dans la Loire (+ 15 000 habitants en dix ans), la surface a explosé, progressant de 350 m2 à 1 800 m2 par habitant. Dans le Rhône (+ 125 000 habitants), la progression est significative, de 230 m2 à 290 m2.
Concernant le Rhône justement, les perspectives contenues dans le Scot (schéma de cohérence territoriale) de l’agglomération lyonnaise ne sont pas source d’optimisme : + 150 000 habitants sur les 30 prochaines années dans le Grand Lyon et + 300 000 dans tout le département. C’est ce que rappelle Paul Delorme, vice-président du conseil général : « En 2040, il devrait y avoir 2 millions d’habitants sur un petit territoire ! ».
« Un département sous influence du Grand Lyon dans sa totalité » rappelle le conseiller général, illustrant son propos : « A Amplepuis, un lotissement s’est construit qui comprend une centaine de lots dont 90 sont la propriété de personnes travaillant dans le Grand Lyon… ». D’où globalement, « un vrai problème de maîtrise de l’urbanisation ».
Pour « stopper cette fuite avant », selon les termes utilisés par Paul Delorme, le conseil général du Rhône a mis en place les zones « Penap » (protection des espaces naturels et agricoles périurbains). En commençant par les secteurs les plus soumis à la pression foncière : le Grand Lyon, les communautés de communes de l’Est lyonnais et du pays de l’Ozon. Soit 14 000 hectares aujourd’hui classés en Penap, et un travail commencé sur les 4 communautés de communes de l’Ouest lyonnais (125 000 habitants). Et pour chaque Penap, une question posée : « Quel est le projet agricole correspondant ? ».

F.R.


Questions à Olivier Montet, directeur de la SAFER du Rhône

Le Rhône est un tout petit département…

« Tout petit en effet et très peuplé. La pression est donc inévitable sur l’espace et donc l’espace agricole qui doit lutter contre les habitations, les infrastructures et le développement économique. Le Rhône est l’un des départements où la pression foncière est la plus grande après l’Ile-de-France ».

Cela entraine-t-il une flambée des prix des terres agricoles ?

« Le prix est encore acceptable, il est inférieur à 1 € / m². A comparer au foncier des zones d’activité : 15 € et aux terrains à bâtir : 200 €. Ce qui conduit à une certaine rétention foncière ! »

Les nouveaux PLU (plans locaux d’urbaniste) ne devraient-ils pas avoir pour effet de diminuer cette rétention ?

La définition de l’usage des sols est désormais plus rigide. La limitation de l’étalement urbain va dans le bon sens. Mais cela ne règle pas tout. Le plateau arboricole de Vourles / Grigny est par exemple en déclin en partie à cause de la multiplicité des petites parcelles et des propriétaires (70 ha, 160 propriétaires !). Il faut y opérer des restitutions foncières pour rendre l’exploitation des terres possible. Mais c’est un travail de fourmi. Il faut aussi contractualiser clairement les relations pour que les agriculteurs puissent avoir une vision de l’avenir et investir. Dans l’Est Lyonnais, il y a eu un remembrement qui rend les choses plus faciles.

C’est votre travail…

On essaie de faire tout cela lorsque les biens sont mis à la vente. Mais il y a de la rétention foncière comme je l’ai dit. Il faut rencontrer les propriétaires pour les inciter. Et il ne suffit pas de dire que la terre demeurera agricole. Il faut conduire des actions incitatrices comme la mobilisation foncière avec prime incitative de l’Etat qui a pu être faite.

Mais l’Etat n’a plus d’argent…

On le propose à des collectivités. Il existe des expériences. Pour la Copamo (communauté de communes du pays mornantais) par exemple, nous avons fait de la veille foncière, du stockage foncier et de l’aménagement. Avec le Syndicat mixte des Monts d’Or, nous avons travaillé de la même façon. Nous avons acheté du foncier, la collectivité a payé les frais financier, ce qui a permis de dénouer certaines situations. Dans le foncier, il faut toujours des moyens et il s’agit toujours de restructurer ce que l’histoire a défait.

Finalement, les nouveaux documents d’urbanisme constituent-ils un progrès ou non ?

Il y a une prise de conscience. Mais il y a d’autres outils. Le conseil général du Rhône a fait un effort avec les Penap, Protections des espaces naturels et agricoles périurbains, soumis à de fortes pressions foncières et sur lesquels les PLU ne semblent pas avoir suffisamment d’emprise dans le temps. Les PENAP figent les zones naturelles et agricoles pour 30 ans et ne peuvent être modifiées que par décret.

Mais les grands projets d’infrastructures remettent souvent ces dispositifs en cause : A45 et A89 ont fait fi des espaces naturels sensibles et des Znieff…

L’A89, c’est 550 ha en moins. C’est déstructurant et irrévocable. Il existe des mesures de compensation mais elles concernent les habitats écologiques, pas l’agriculture qui ne bénéficie que de remembrements.

Peut-on dire que toute l’agriculture du Rhône est périurbaine ?

Oui. Même le Beaujolais vert est sous influence du fait des transferts de population. La concurrence foncière est partout et très diverse. Elle prend régulièrement de nouvelles formes comme la protection des captages ou encore la création de zones inondables…

Propos recueillis par Alban Razia




MatOz
Journaliste

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