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Patrimoine - Lyon : rénovation intégrale pour le palais de justice historique

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Patrimoine - Lyon : rénovation intégrale pour le palais de justice historique
(© Angel Sanhueza)

Si cet édifice a été construit par Louis-Pierre Baltard de 1833 à 1847, c’est bien le Palais de Roanne qui y était installé dès le XIVe siècle pour rendre déjà la justice.

Son incendie en 1622, sa reconstruction grâce aux hommes de loi, échevins et marchands du quartier Saint-Jean attenant, en ont été quelques-unes des étapes importantes, sans compter malgré tout sur la volonté de certains de vouloir en changer l’emplacement. La décision du roi tombe en 1627 : le maintien sur les bords de Saône est acté. Nouvel épisode similaire en 1816. C’est alors vers la place Carnot que son transfert est envisagé, avec une nouvelle lettre morte. Une quinzaine d’années est nécessaire à Louis-Pierre Baltard pour édifier « les 24 colonnes », eu égard à son fronton.
Au-delà de l’aspect architectural, son passé est lourdement chargé d’histoire. Mais pourrait-il en être autrement dans un lieu de justice ? Condamnation à mort de Cinq mars et son compagnon du Thou (1642), de l’anarchiste italien Santo Caserio (1884), poursuite du général Jean de Lattre de Tassigny pour le chef de trahison, réclusion criminelle à perpétuité de Charles Maurras (1945), et plus récemment, condamnation pour crime contre l’humanité de Klaus Altmann, alias Barbie.

Pendant les travaux, la justice suit son cours…

La justice ne pouvant suspendre son temps, il aura fallu établir un véritable plan stratégique pour organiser les travaux de rénovation sous la direction de Denis Eyraud, architecte (Metropolis). La première étape a donc consisté à déplacer la cour d’appel à la Part-Dieu pour libérer de la place. Chacune des ailes du palais a pu ainsi être rénovée à tour de rôle, avec une inversion des bureaux à mi-parcours. Un travail titanesque, mais aussi une organisation qui ne pouvait laisser place à la moindre faille, tant il est vrai que la justice devait pouvoir être rendue dans la continuité, qui plus est avec des préoccupations de sécurité, comme de sûreté.
Ayant affaire à un Monument historique classé, la mission de restructuration et de rénovation en a été d’autant plus délicate, un simple peintre ne pouvant refaire une dorure à l’or fin, ou un simple décorateur ne pouvant refaire ou rénover des soieries.
Valorisé à 60 M€ environ, « sans aucun débordement », insiste le Premier président de la cour d’appel Jean Trotel, le budget a été pris en charge par l'Etat à hauteur de 44,850 M€, le département du Rhône, propriétaire des murs, injectant 16 M€.
Ainsi, parlant du chauffage, de la climatisation ou encore de l’électricité et des moyens modernes de communication, tout ou presque a été dissimulé dans les murs, voire dans les sols et plafonds. Par ailleurs, côté équipement lourd, six ascenseurs ont été installés, des passerelles ou locaux ont été transformés et même une traversée complète Sud-Nord a été réalisée pour les fourgons cellulaires et autres voitures. Sûreté oblige.
L’architecte en chef des Bâtiments de France Didier Reppelin, est également intervenu sur ce chantier titanesque. Quant au procureur général Jacques Beaume, il demeure ébloui par le travail effectué : « L’alliance entre l’art et ce lieu de travail est une véritable réussite, comme la collaboration entre l’administration de la justice et une collectivité locale ».
C’est avec deux semaines d’avance que le palais néo-antique rénové a été livré à la Justice (le 11 mai dernier) pour une reprise d’activité normale et surtout pour le bonheur des magistrats, greffiers, fonctionnaires, ainsi que des justiciables. Le premier procès d’assises est programmé pour octobre.
Dernière phase : la construction d’un parvis, descendant vers la Saône avec deux bassins d’eau réfléchissants, flanqué de deux lions en bronze qui prendront place sur les côtés des escaliers monumentaux. Un éclairage spécifique de la façade devrait même être inauguré le 8 décembre et « nous réfléchissons à l'ouverture au public pour les Journées du patrimoine », indique par ailleurs Jean Trotel, en guise de conclusion.

M.G.




MatOz
Journaliste

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