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« Que les maires ruraux soient écoutés »

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« Que les maires ruraux soient écoutés »
Martine Surrel, la présidente de l'Association des maires ruraux du Rhône (F.R.)

Pouvez-vous rappeler brièvement les objectifs de l'association ? Martine Surrel : Notre slogan, c'est tout simplement « Des maires au service des maires ».

Pouvez-vous rappeler brièvement les objectifs de l'association ?

Martine Surrel : Notre slogan, c'est tout simplement « Des maires au service des maires ». Nous sommes là pour porter la voix du monde rural, en complémentarité avec le monde urbain, et faire entendre des problématiques qui nous sont souvent spécifiques. Nous jouons aussi le rôle de poil à gratter et n'hésitons pas à râler quand c'est utile !

Quels sont les principaux enjeux pour l'année à venir ?

M.S. : Outre la réforme scolaire, l'organisation du territoire nous préoccupe. Les intercommunalités voulues fonctionnent bien, c'est moins évident quand on force la main des élus locaux. Ceci dit, je crois beaucoup à un processus de mutualisation de moyens entre communes, sur le plan du matériel ou du personnel par exemple. Sur un autre plan, nous nous battons pour que les communes les moins peuplées bénéficient de dotations par habitant identiques aux plus grosses villes. Le système actuel est injuste.

Le droit du sol et plus largement son usage font également partie des sujets sensibles ?

M.S. : L'Etat va nous laisser traiter les déclarations préalables aux travaux dès le 1er janvier 2014, et les permis de construire d'ici à 2015. Beaucoup de communes rurales n'ont pas les services adéquats pour cela. Et qui dit personnel supplémentaire dit dépenses en hausse.
Par ailleurs, la loi « Dufflot » prévoit de rendre les PLU [plans locaux d’urbanisme] intercommunaux. A l'image des Scot [Schémas de cohérence territoriale], PLH [programmes locaux de l’habitat] et autres zones naturelles sensibles, il existe déjà beaucoup de documents supra-communaux. Pourquoi enlever aux maires ce droit de regard sur l'urbanisme, cette possibilité de maîtriser l'extension limitée de nos communes ?

Une réforme de la fiscalité semble aussi agacer les élus…

M.S. : On a appris à l'été 2013 que les indemnités des élus étaient assujetties aux cotisations sociales, ce qui va directement coûter de l'argent aux caisses communales. J'ai participé il y a quelques jours à une table-ronde sur le sujet à Paris, avec des sénateurs notamment. Leur écoute laisse certains espoirs, et un groupe de travail a été créé. Nous demandons à ce que cette mesure ne soit pas intégrée dans la loi de finances 2014.

A l'approche des élections municipales, dans quel état d'esprit se trouvent les maires des communes rurales ?

M.S. : Nos troupes sont toujours très combatives, même si le découragement guette parfois. Concernant précisément les prochaines élections, je ressens une certaine appréhension à propos de l'instauration de la parité hommes / femmes. Avec un scrutin de liste dans les communes de plus de 1 000 habitants, ce sera la règle. Certains élus avouent craindre la perte de la fonction d'adjoint ou de prérogatives auxquelles ils sont attachés. Mais je suis persuadé qu'au final, tout va bien se passer.

Propos recueillis par Julien Verchère


La réforme des rythmes scolaires domine les débats

Au vu du thème choisi cette année - la réforme des rythmes scolaires -, il faisait peu de doutes que l'assemblée générale de l'Association des maires ruraux du Rhône ferait salle comble. Pas moins de 150 personnes se sont rassemblées vendredi 8 novembre à la salle polyvalente des Chères, « soit plus de cent communes représentées », précise la présidente Martine Surrel. Un succès d'audience à la mesure des inquiétudes que laisse planer cette réforme, notamment dans ce qu'il est convenu d'appeler les « petites communes ».
La rectrice de l'académie de Lyon, le directeur académique et les représentants des autres institutions en lien avec cette réforme ont pu apporter des réponses aux élus locaux, sans parvenir néanmoins à réellement rassurer.
Quant à Martine Surrel, elle a opéré lors de son intervention une distinction entre le fond et la forme : « Les maires ruraux se sont toujours montrés favorables à une réforme éducative essentielle pour assurer l'avenir des enfants et donc du pays, dans un cadre qui dépasse d'ailleurs les seuls rythmes scolaires », a rappelé le maire de Saint-Maurice-sur-Dargoire. « Ceci étant, cette réforme pose des problèmes de mise en œuvre. Les communes rurales vont avoir des difficultés à trouver des gens diplômés pour les activités périscolaires. Elles vont très souvent manquer de locaux disponibles pour accueillir les enfants. Sans compter l'effort sur le plan financier. Il faut que l'aide annuelle de 50 € par enfant soit pérennisée, au-delà de 2014 », a plaidé Mme Surrel, qui écarte pour autant le risque de confrontation dans le Rhône et notamment l'idée de ne pas appliquer la loi.

J.V.




MatOz
Journaliste

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